Beaucoup de projets d’entreprise à Dubaï commencent par un prix affiché sur une seule ligne.
Le bureau, les visas et les obligations fiscales font vite monter la note. Cet article détaille les coûts cachés d’une création de société à Dubaï.
Les forfaits d’installation ne couvrent pas toujours l’ensemble des frais
Ce que comprend réellement un forfait de constitution
Les offres d’installation regroupent en général la licence, l’immatriculation et un espace de travail. Chez DMCC, les forfaits 2026 vont de 35 484 AED (Basic Biz) à 49 941 AED avec un espace de coworking.
Le détail des frais DMCC montre l’écart entre le prix d’appel et le coût effectif :
- demande initiale : 1 035 AED
- immatriculation : 9 020 AED
- statuts : 2 020 AED
- licence annuelle : 20 285 AED
- carte d’établissement : 1 825 AED par an
Le capital social et les exclusions modifient le montant final
Le capital social n’est pas toujours une dépense définitive. Pour une société DMCC, le capital minimum indiqué est de 13 612 USD. Il doit être versé sur le compte de la société dans les trois semaines suivant la licence. Il peut ensuite être retiré.
Les zones franches ne coûtent pas le même prix. Meydan propose une licence numérique à partir de 12 500 AED avec un flexi-desk, tandis que JAFZA affiche des licences à partir de 5 000 AED. Le total dépend toutefois de votre activité et des locaux dont vous avez besoin.
Trois points à vérifier avant de comparer les offres
- Demandez le détail complet des frais avant de signer, poste par poste.
- Vérifiez si le capital minimum figure dans l’offre ou s’il reste à prévoir.
- Comparez le total de la zone franche avec votre activité et les locaux dont vous avez besoin.
Le bureau, les visas et les renouvellements forment la dépense annuelle
Le type de bureau pèse lourd dans le budget

Un flexi-desk limite le coût du bureau si l’activité n’exige ni accueil de clients ni stockage. Un bureau privé fait vite grimper la facture : comptez généralement entre 10 000 et plus de 40 000 AED par an, selon la surface et l’emplacement.
Sur le mainland, le bail commercial doit en général être enregistré dans Ejari. Ce système officialise le contrat auprès du département foncier de Dubaï. L’inscription coûte 177,75 AED sur le site ou l’application Dubai REST, ou 220 AED dans un centre de services agréé.
Le loyer reste la dépense récurrente principale. S’y ajoutent le renouvellement du contrat, les frais de service, l’aménagement et l’accès à internet. Une commission d’agence peut aussi s’appliquer, rarement incluse dans une offre de création.
Un visa regroupe plusieurs démarches distinctes
Le coût d’un visa de résidence additionne plusieurs étapes successives :
- la demande
- l’autorisation d’entrée, si nécessaire
- la visite médicale
- la carte d’identité Emirates ID
- la délivrance du titre de résidence
Pour un entrepreneur, comptez en moyenne 3 500 à 7 000 AED par personne. Le montant varie selon la juridiction et la durée du titre.
Le statut juridique déplace les coûts entre mainland et zone franche
Chaque structure répond à un besoin différent
Une société en zone franche relève du cadre administratif propre à l’autorité de cette zone. Elle convient souvent aux activités internationales, aux prestations de services et aux entrepreneurs qui recherchent un bureau flexible. Le mainland convient davantage à une activité qui vise directement le marché local, selon des règles qui lui sont propres.

L’activité détermine aussi la licence et les autorisations sectorielles. Le commerce, le conseil, la finance, la santé, l’immobilier et la logistique peuvent exiger des validations distinctes. Il est donc utile de confirmer l’activité avant de comparer les forfaits.
Avant de comparer les forfaits
- Confirmez l’activité que la société exercera.
- Vérifiez la licence et les autorisations exigées dans votre secteur.
- Déterminez si la société doit exercer localement ou non.
- Comparez l’économie fiscale attendue aux frais de comptabilité et d’audit.
Une structure offshore peut réduire certains coûts de bureau et de visa si elle n’a pas vocation à exercer localement. Elle ne répond toutefois pas aux mêmes besoins qu’une société opérationnelle, et ses frais varient selon les documents, les intermédiaires et les exigences de constitution.
L’avantage fiscal d’une zone franche reste conditionnel
Le taux général de l’impôt sur les sociétés est de 0 % jusqu’à 375 000 AED de bénéfice imposable, puis de 9 % au-delà. Une personne morale de zone franche peut bénéficier d’un taux de 0 % sur ses revenus qualifiés, à condition de remplir les conditions applicables aux personnes qualifiées de zone franche.
Point de vigilance : le choix d’une zone franche entraîne souvent des frais de comptabilité, de justification économique, de tenue des dossiers et d’audit. L’économie fiscale attendue doit donc être comparée à ces coûts de conformité, et non au seul prix de la licence.
La fiscalité et la conformité ajoutent des dépenses après l’immatriculation
Toute personne imposable doit s’enregistrer à l’impôt sur les sociétés auprès de l’Autorité fédérale de la fiscalité. Vous devez déposer la déclaration et payer l’impôt au plus tard neuf mois après la fin de la période fiscale.
Un retard coûte cher. La pénalité est de 500 AED par mois de retard, ou fraction de mois, pendant les douze premiers mois. À partir du treizième mois, elle passe à 1 000 AED par mois ou fraction de mois.
- Déclaration ou paiement en retard : 500 AED par mois de retard, ou fraction de mois, pendant les douze premiers mois.
- Au-delà, à partir du treizième mois : 1 000 AED par mois ou fraction de mois.
Vous devez vous enregistrer à la TVA dès que vos fournitures et importations taxables dépassent 375 000 AED sur douze mois. Vous devez aussi le faire si vous prévoyez de dépasser ce seuil dans les 30 jours. L’enregistrement volontaire est possible à partir de 187 500 AED, sous conditions.
| Régime TVA | Seuil en AED | Ce que cela implique |
|---|---|---|
| Enregistrement obligatoire | 375 000 AED sur douze mois | Vous devez facturer la TVA et déposer des déclarations |
| Enregistrement volontaire | 187 500 AED | Possible sous conditions |
Pour une petite société, un audit annuel coûte souvent entre 5 000 et 25 000 AED. Le montant augmente avec le chiffre d’affaires, le nombre de transactions, la présence d’activités réglementées, les stocks et l’existence de filiales.
Quatre facteurs font monter le coût de l’audit :
- Le chiffre d’affaires
- Le nombre de transactions
- La présence d’activités réglementées, les stocks et l’existence de filiales
- Le fait d’avoir des filiales
Résumé des points essentiels
- Le prix affiché d’un forfait ne comprend pas toujours le capital, l’espace de travail, les visas ou les frais annuels.
- Le bureau, les visas et le renouvellement de la licence constituent l’essentiel de la dépense récurrente.
- Le choix entre mainland et zone franche dépend de l’activité, de la clientèle visée et des coûts de conformité, pas seulement de la fiscalité.
- Les échéances fiscales, la TVA et l’audit annuel doivent être anticipés dès la création.
Avant de vous engager, établissez un budget complet incluant toutes ces lignes. Pour une estimation précise adaptée à votre activité et à votre structure, demandez un devis à l’un de nos conseillers. Il vous accompagnera de la constitution jusqu’à la première clôture.
Le coût réel d’une création dépend donc de la structure retenue, de l’activité exercée et du type de locaux, bien plus que du prix affiché au départ. Avant de signer, vérifiez quelles lignes restent à votre charge chaque année, car ce sont elles qui pèsent sur la durée.
Foire aux questions
Quel budget prévoir pour une société à Dubaï avec un visa ?
Comptez environ 22 000 à 50 000 AED la première année pour une société en zone franche avec licence, flexi-desk et visa.
Le montant varie selon la zone et les services inclus. Un bureau privé, plusieurs visas ou une activité réglementée le font monter.
Une société de zone franche peut-elle travailler avec des clients à Dubaï ?
Oui, elle peut travailler avec des clients aux Émirats, mais certaines activités sur le mainland demandent une autorisation.
Tout dépend de l’activité, du lieu d’exécution et de l’autorité compétente. Vérifiez ce point avant de signer.
L’audit est-il obligatoire pour toutes les sociétés ?
L’obligation dépend de la juridiction, du règlement de la zone et de l’activité exercée.
DMCC impose des comptes et un audit selon ses règlements. Le mainland ou une autre zone franche peut avoir des exigences différentes.








